mercredi 9 mars 2011

WE WANT SEX EQUALITY !

Dès ce mercredi 9 mars, vous pourrez voir sur nos écrans, le film anglais « We want sex equality », ou comment des femmes d’une usine Ford en Angleterre ont décidé de lutter pour être payée le même salaire que les hommes. Un combat toujours d’actualité.

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Nous sommes en 1968, dans l’est de l’Angleterre. Dans la banlieue de Dagenham, Rita (Sally Hawkins) devient malgré elle la leader de la lutte contre les inégalités salariales et la discrimination. Elle et ses collègues travaillent dans l’atelier de couture d’une usine Ford. Malgré ce travail difficile aux horaires impossibles, les femmes sont payées moitié moins que les hommes. Commence alors un combat contre les patrons, la maison mère américaine, mais aussi contre les syndicats. Car, à l’époque, être une femme signifie être une bonne épouse, une bonne mère et une travailleuse qui se tait, supervisée par des hommes pour des hommes. 187 ouvrières de l’usine entrent alors en grève avec Rita, une grève qui se propagera à toute l’Angleterre et permettra l’adoption de l’Equal Pay Act en 1975. Le film rempli d’humour de Nigel Cole nous rappelle le déroulement de cette grève qui est entrée dans l’histoire.


Bande-annonce du film :

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40 ans plus tard

Et aujourd’hui me direz-vous ? La STIB fait grève pour des agressions, la FGTB pour un accord interprofessionnel peu satisfaisant… mais où sont les femmes ? Car 40 ans plus tard, dans nos pays, le travail d’une femme n’est toujours pas reconnu comme celui d’un homme. Dans nos sociétés capitalistes, où l’argent, c’est bien connu, fait le bonheur et la reconnaissance sociale, on n’offre pas la même chance aux femmes qu’aux hommes. Il existe déjà le plafond de verre, il y a discrimination à l’embauche, mais en plus, pour un même travail et un même diplôme, on paiera moins une femme.

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En Europe, la différence de salaire de salaire est de 17,5%. En Belgique, elle est de 10% en moyenne, une des pluGrass petites différences de salaire en Europe, mais une moyenne qui cache des oscillations de 15 à 25% selon les cas. Et en Angleterre, elle est de 21, 4 % (voir tableau ci-dessous). Même si, finalement qu’importent les chiffres ? Même une différence de 1% serait problématique. Parce que j’ai un utérus et qu’il a un pénis, il acquière le droit de gagner plus ? Où est la logique ?







Les raisons


Pourquoi paie-t-on moins les femmes ? Il y a d’abord un problème de sous-évaluation du travail des femmes. Les emplois majoritairement occupés par des femmes (comme caissière de supermarchés) tendent à être moins bien payés. Cet écart de salaire peut aussi s’expliquer par la ségrégation du marché du travail. Hommes et femmes occupent des postes différents. Les femmes se retrouvent dans les emplois les moins valorisés et les moins payés au sein d’un secteur ou d’une entreprise. Les femmes prédominent dans la main d’œuvre du secteur de la santé, de l’éducation, ou dans de postes comme le nettoyage et les soins. Elles ont sous-représentées au poste de supérieur ou de direction.

Bien sûr, des choix personnels peuvent guider certaines vocations ou certains choix, comme le fait de préférer un mi-temps pour s’occuper de ses enfants, mais souvent des clichés et des stéréotypes se cachent derrière nos décisions. Par exemple, quand on compare aux hommes, peu de femmes étudient les mathématiques, les sciences ou l’économie. Elles se retrouvent donc moins dans les métiers socialement valorisés d’aujourd’hui.

Sans oublier que c’est encore trop souvent aux femmes de concilier vie de famille et vie professionnelle. Ce sont les femmes qui doivent prendre la décision de quitter leur emploi pour s’occuper de leurs enfants ou des personnes âgées dépendantes. Elles sont parfois contraintes à choisir pour un mi-temps, moins bien payé, car elles n’ont pas le choix pour arriver à concilier vie privée et professionnelle.


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On m’a déjà dit « il est normal qu’une femme soit moins payée car elle fait des enfants, donc elle rapportera moins à l’entreprise, entre ses congés de maternité et ses absences dès qu’un des ses enfants sera malade ». Magnifique raisonnement d’une société qui considère ses travailleurs comme des faiseurs de bénéfices, et pas comme des êtres humains. Et quoi, un homme ne sera jamais malade ? Il ne fera jamais d’enfants ? Ah mais oui, j’oubliais, il en fait mais ne s’en occupe pas, c’est ça ? Donc payons moins les femmes. Mais oui, c’est logique après tout, elle travaille plus qu’un homme. Quand elle rentre du boulot, elle cuisine, elle fait le ménage, elle s’occupe des enfants… oui mais voilà où est le bénéfice pour son employeur ? Il n’y en a pas. Par contre, le lendemain matin, elle a intérêt à se présenter fraiche et efficiente au boulot.
En conclusion, une femme cumulera pendant sa carrière plus d’interruptions et moins d’heures de travail, mais en plus, elle est moins payée pour ses heures de travail, qu’elle ait accédée au même poste qu’un homme ou pas. Ce qui signifie aussi une retraite moins élevée pour un même emploi. Chez les personnes âgées, les femmes vivent plus souvent dans la pauvreté que les hommes.



Pourquoi changer ?



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Je ne crois pas que l’argument de travailler à une société plus équitable intéresse qui que soit. Certain, dont l’Union Européenne, ont pensé comme moi et ont été chercher des arguments économiques. Et oui, il y en a.

L’élimination de cette différence salariale profite aux travailleurs, comme aux employeurs. Cela permet d’instaurer un climat de confiance, d’améliorer la productivité et la compétitivité de l’entreprise grâce à ce bon climat de travail, mais aussi d’améliorer son image publique. De plus, les femmes sont sous-employées, on ne les emploie pas à 100% de leurs capacités. Or, ne pas employer des femmes, à causes de considérations machistes ou économiques, constitue un manque à gagner pour la société.

Le film de Nigel Cole est intéressant car il permet de relancer le débat. Il nous rappelle que pour que les choses changent, il faut se battre. Ce serait bien que les jeunes filles aillent le voir, pour s’intéresser un peu à ces questions. Pourtant je crois que beaucoup préféreront voir le film autobiographique de Justin Bieber qui sort aussi aujourd’hui et bénéficie d’une meilleure couverture promotionnelle. C’est vrai qu’à 17 ans, son autobiographie doit avoir beaucoup à raconter.

Pour aller plus loin :

http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=418&langId=fr


http://www.references.be/carriere/hommes-et-femmes-l%C3%A9galit%C3%A9-par-le-travail

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