jeudi 3 mars 2011

Le jeudi des femmes à Eupen

Le jeudi précédant la semaine de Carnaval est appelée journée d’émancipation des femmes à Eupen. Il s’agit d’une tradition qui leur vient d’Allemagne et qui s’explique par le renversement des rôles propre à cette fête.

La saison du Carnaval approche à grand pas. A Eupen, le carnaval se fête depuis 1696, c’est le plus vieux carnaval de Belgique. Là-bas, on ne rigole pas avec les traditions. Et aujourd’hui, jeudi 3 mars, c’était la journée d’émancipation des femmes dans la partie germanophone du pays.


Les femmes rencontrent le bourgmestre, qui leur donne les clés de la commune. Elles quittent leur foyer ou leur travail et défilent ensemble déguisées dans les rues. Pourquoi ? Car, d’après la tradition, les femmes savent très bien que les hommes ne peuvent pas se débrouiller tout seuls. Cette fête sonne donc le début des festivités du carnaval, le début du chaos, créé par des femmes qui décident de se rebeller. Elles défilent avec une paire de ciseaux autour du cou. Pendant cette journée, elles pourront couper les cravates de tous les hommes qu’elles voient, et les exhiber comme trophées. Car la cravate est un symbole phallique, qui représente l’autorité et la virilité des hommes.




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Pourquoi un jeudi « des femmes » ?



Le carnaval nous vient de l’Antiquité. Ce n’est que plus tard qu’il sera repris par la tradition catholique. A l’origine, on le célébrait à la fin de l’hiver, pour accueillir le printemps et le réveil de la nature. Ensuite, l’Eglise catholique le reprendra et l’intégrera à ces coutumes pour favoriser l’intégration de la religion dans les pays qui fêtait le carnaval. De nos jours, le carnaval que l’on fête est l’héritier de cette coutume catholique. Ce sont les derniers jours avant le carême, période de privation.


Mais cette fête permet encore d’inverser les rôles et l’ordre établi. Chacun se promène masqué, déguisé, pour faire tout ce qui lui est interdit d’habitude. On oublie les règles et conventions sociales, et tout le monde peut prendre sa revanche (peut-être pour mieux accepter sa condition en temps normal). Même le mendiant peut devenir roi. Voilà comment un personnage comme Quasimodo se retrouve sacré « roi des fous » lors d’un carnaval, dans le roman de Victor Hugo.


Donc, donner une place et une importance aux femmes un jeudi, c’est reconnaître que d’habitude, les femmes n’en ont pas, ou en tout cas moins que les hommes.


Pour en savoir plus :



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