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samedi 28 juillet 2012

Des amendes contre le sexisme

Article publié dans les pages Bruxelles du journal Le Soir du 28 juillet 2012

(Cliquez sur l'image pour une meilleure visibilité)



samedi 19 mai 2012

Les femmes font leur festival

Article publié dans les pages Bruxelles du journal Le Soir, du samedi et dimanche 19 et 20 mai 2012

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mardi 24 avril 2012

Jeux vidéo, strings en métal et petites culottes

Tera est un MMORPG (jeu de rôle massivement multijoueur) très attendu cette année. Tout droit venu de Corée et développé par Frogster (on retrouve également aux commandes le studio Ubisoft), il alimente la polémique entre joueurs avant même sa sortie. Pourquoi ?


Peu avant son lancement, prévu pour le 3 mai, quelques changements ont été opérés dans le contenu très sanglant et très sexualisé de la beta (la version jouable avant la sortie du jeu, utilisée pour identifier les problèmes éventuels), afin que le jeu puisse sortir pour les douze ans et plus. Les joueurs crient à la mauvaise communication et certains, horreur, malheur, ne comprennent pas qu'on ose habiller une femme dans un jeu vidéo. Oui effectivement. C'est très étrange, une femme plus habillée.


Ouch, c'est rose. Moi aussi, je veux la même tenue de combat. Rien que de devoir l'enfiler ça doit être du sport.

Voici le contenu des modifications en question :

-Le réglage de la violence (présence du sang) pour l'instant disparu sera de retour après la sortie du jeu, exception faite des projections de sang sur l'écran.

-Modifications des modèles 3D de personnages féminins 

-Les modifications apportées à la race des Elins seront maintenues pour protéger les audiences les plus jeunes et éviter d'attirer des joueurs "malvenus".



On nous promet donc moins de sang et moins de sexe. Chouette. Parce que la madame là, elle fait peur (ah, c'est là qu'elle se cachait Ophélie Winter). Le communiqué officiel, sorti en réaction aux plaintes de joueurs pas contents de voir moins de fesse, ne fait aucun détour et parle donc entre-autre des points suivants:

« Les Elins [personnage enfant, extrêmement sexualisé dans la version coréenne du jeu] ont été une nouvelle fois pointées du doigt. Oui, l'apparence des Elins a été modifiée dans les versions américaine et européenne du jeu, non pas par demande d'un organisme particulier, mais pour ne pas attirer des utilisateurs malvenus sur TERA et pour également en protéger nos joueurs les plus jeunes. Tous les partenaires impliqués dans ce projet ont donc décidé de demander à Bluehole Studios de trouver une solution : ces derniers ont alors créé de nouvelles textures et apparences pour les vêtements des Elins. Vous comprenez sans doute que cet effort pour la protection des enfants était la meilleure chose à faire. C'est du moins l'avis que nous partageons tous ici, à Frogster.

D'autres personnes ont également pointé du doigt une supposée réduction de la taille de la poitrine de certaines races ou l'apparence soi-disant moins « suggestive » de certaines armures en comparaison... de la première bêta fermée coréenne. Sachez que ces changements sont présents dans toutes les versions du jeu, y compris la version coréenne ».

Les MMO coréens utilisent en effet un univers esthétique très particulier. Les mondes colorés abritent des monstres fantastiques, des animaux mignons, des guerriers aux épées gigantesques et des femmes hypersexualisées. En haut-talons, avec des énormes seins et un look de poupée Barbie, les avatars féminins des joueurs combattent le mal en mini-jupes. Un délire propre aux jeux asiatiques ? Pas tout à fait, le MMORPG Age of Conan utilisait les mêmes ficelles (de string) en 2008.






Il est même possible de surprendre des journalistes (hommes, bien sûr), en pleine session test privée pour la presse s’arrêter de jouer à Guild Wars 2, un autre jeu ultra féministepour dévêtir et regarder sous tous les angles les femmes qu’ils incarnent. Voilà, on a enfin compris à quoi sert la femme soi-disant forte et égale à l'homme dans le jeu vidéo. Désespérant. 

Vous direz : personne ne veut jouer un laideron. C’est faux. De nombreux joueurs aiment créer un monstre ou un personnage collant à l’histoire qu’ils leur inventent (un pirate aux cicatrises multiples, un ivrogne nain, un troll hirsute). Il existe donc sûrement des joueurs (et des joueuses) désirant incarner des femmes à l’allure normale, vêtu normalement (on se demande pourquoi les femmes ont des talons hauts dans Diablo III ou pourquoi un homme a le droit de porter une armure intégrale alors que le même équipement devient des cuissardes sexy sur une femme). Ce sont des univers fantastiques, d’accord, mais un peu de bon sens. Une armure protège le corps, un string en métal non (et ça doit blesser en plus).



Mais dans le jeu qui nous concerne, Tera, on va encore plus loin. La race des Elins posent quelques problèmes. Il s’agit en effet d’une race composée uniquement de petites filles, aux tenues affriolantes. Au point de créer des vocations de pédophiles ? C'est la crainte des studios de développement du jeu qui ont décidé de revêtir un peu les avatars (un voile transparent par-ci, une allonge de jupe par-là, la belle affaire quoi). Ils sont presque aussi fort que Laurent Louis dans leur polémique. 

En attendant, La contradiction est . Pour éviter un public « malvenu », il suffit de proposer des modèles normaux et pas des prototypes de fantasmes de geek.


Qui a raison, qui a tort ? Les boites de productions qui décident de recouvrir une gamine en petite culotte d'un voile...transparent, pour faire gentil-gentil (et pour vendre le jeu à plus de monde)? Ou les joueurs (et pas les joueuses) qui se plaignent qu'on ose recouvrir d'un voile transparent une gamine en petite culotte? Se pose en filigrane la question de la "demande": est-ce que les gens veulent voir des gamines en petite culotte, est-ce que cela fait partie de leur conception d'un "bon" jeu ou est-ce qu'ils le réclament  à grand cris parce qu'on ne leur donne rien d'autre pour le moment (le marché s'uniformisant dans ce sens)? Voilà une chouette version moderne de l'oeuf et de la poule.


Sur une idée originale et avec l'aide de Cédric Dautinger

jeudi 8 mars 2012

The Voice se met à nu

Placements de produit ridicules, mystère autour du coût de l'émission, vols d'instruments, émission clairement pas de service public et société de gardiennage privée hollandaise qui empêche même les travailleurs habituels de la RTBF de rentrer dans leurs propres locaux, tout n'est pas rose dans l'univers de l'émission The Voice Belgique. Nouvelle bizarrerie, la compagnie de danse, engagée pour danser derrière les chanteurs en herbe lors des directs, vient de se faire virer. Motif ? Les danseuses ne seraient pas assez sexy.

"On n'est pas assez trash, sexy pour Endemol". Voilà, d'après une des danseuses de la chorégraphe Joëlle Morane le motif de leur éviction du jeu. La célèbre chorégraphe belge avait été recommandé par la RTBF à Endemol. Après la deuxième émission, mini-jupes en cuir et t-shirts déchirés n'auront pas suffit. Les filles sont considérées comme trop scolaires d'après les consignes données. Serait-ce pour se rapprocher des autres versions de The Voice, dont la version flamande dans laquelle mini-shorts, robes moulantes et danses langoureuses sont légion ?

Marie Nauwelaerts, responsable de la communication de The Voice Belgique, explique que le choix d'engager une nouvelle troupe de danseurs est lié au retour extrêmement mauvais provenant des réseaux sociaux, notamment Twitter, où des tweets comparaient les filles à des danseuses de fêtes scolaires ou à des pré-pubères (sic).  

Image : The Voice Vlaanderen
http://www.hln.be/hln/nl/
On aimait pourtant l'idée des "blinds", dans lesquels l'apparence était laissée de côté pour se concentrer sur la voix. Aujourd'hui, force est de constater le retour en grande pompe de l'idée qu'un corps, ça se montre. En plus du jury mielleux et des placements de produits absurdes (quand est-ce qu'un candidat va nous chanter "Money Money Money" ?), il va donc falloir se coltiner dans les prochaines semaines des danseuses "sexy". Qu'ils disent. Pourtant, on n'avait pas beaucoup de chose à redire aux ex-danseuses de la version francophone de l'émission. Habillées de pantalon, baggy et legging (quand même plus pratique pour danser qu'une robe moulante rouge et des talons), elles mettaient en avant les pas de danse et pas leurs courbes. Et n'est-ce pas ça l'important, la danse, quand on engage une chorégraphe et des danseurs ? Une danseuse doit-elle forcément être sexy ? Doit-elle être trash ? Regarde-t-on The Voice pour y voir de la chair fraîche se trémousser sur des morceaux qui ne valent pas mieux que les coiffures de Lio? Ce sont les questions qu'il faut se poser aujourd'hui. Rappelons que The Voice est d'abord un concours de chant (enfin il parait, mais au vu de piètres performances des compétiteurs et des piètres choix musicaux, on dirait plutôt un concours de cris d'animaux blessés, mais c'est un autre histoire) et pas un concours de miss t-shirt mouillé. Au risque de se transformer en ça.

Beaucoup estime que la RTBF n'est plus maître à bord, que c'est la société privée hollandaise Endemol qui dirige tout. Est-ce normal ? N'oublions pas que la RTBF est financée en partie par notre argent. La chaîne cherche à se donner une image plus "jeune", plus "branchée". Il faudra néanmoins se demander si The Voice à sa place sur une chaîne publique, ou alors si comme en France, il s'agit avant tout d'une émission de chaîne privée (même si on sait que RTL a refusé le contrat, parce que trop cher... ). Il faudra peut-être d'autant plus se le demander maintenant qu'Endemol fait des pieds et des mains pour amener du "trash" à l'émission. Montrer du trash et du sexy, est-ce du service public ?

"Il faudra voir par quoi on sera remplacé" explique la jeune danseuse. C'est effectivement la question. La RTBF retombera-t-elle dans les mêmes travers que toutes les autres chaines : montrer des femmes dénudées à la télé, renforçant ainsi l'idée qu'une femme ne vaut que pour son physique (d'ailleurs, si elle refuse de céder aux pressions et de montrer "plus", elle est foutue à la porte) ? On espère que cela n'arrivera pas, auquel cas, je ne sais pas vous, mais moi je n'ai pas envie de donner un centime pour ça. 

dimanche 5 février 2012

Dur dur d’être infidèle

Polémique autour des affiches promotionnelles du film français "Les Infidèles", censurées par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité car présentant "une image dégradante de la femme". Certains s’insurgent donc. Cette censure serait abusive. Analyse.


http://www.lunettesde.com/

http://www.francesoir.fr/

Première remarque : où sont les visages féminins ? Si les corps sont plus que mis en évidence dans au moins deux de ces affiches (merci photoshop en passant), le visage est le grand absent. C'est vrai, le visage ce n'est pas important. Du tout. N'importe qui peut vivre sans tête. Ce n'est pas comme si la tête et le visage étaient le siège des émotions. Ou du cerveau. Il faut croire que ce n'est pas ça, l'important. 

Dans ces affiches, le problème, ce n'est pas de voir deux jambes. Je n'ai franchement rien contre les jupes, j'en porte tous les jours. Le problème, c'est de voir deux jambes comme ça. Sans corps, tenues comme un vulgaire balais. Comme deux choses. Le problème, ce n'est pas de voir une fellation. Je n'ai franchement rien contre les fellations. Le problème, c'est de mimer une fellation et de la placarder en format A1 dans un espace public, la rue. 

On l'a bien compris, l'infidélité masculine, c'est chouette. C'est l'éclate. Mentir à sa femme, c'est chouette, c'est l'éclate. Et traiter les femmes comme des objets, c'est chouette. 



C'est l'éclate. 

Ils sont bien habillés, souriant, presque sympathiques. On peut aussi remarquer que les affiches mettent en scène deux hommes en costume et des femmes en parfaites secrétaires. Dans le monde du travail, comme ailleurs, la femme est encore et toujours "en-dessous". 


Le film n'est pas encore sorti, je vous l'accorde. Cependant, il suffit de voir les bandes-annonces :








(Moi en tout cas j'ai compris que je ne risquais pas d'aller le voir au cinéma, donner de l'argent à des films comme ça, non merci, je risque plutôt de le télécharger illégalement sur un de nombreux sites qui remplacent Megaupload, pour rire "un bon coup" -bonjour les agents du FBI si vous passez par ici- ).

On présente le film comme différentes séquences humoristiques sur l'infidélité masculine. Ce qu'on oublie de dire, c'est quelle image de la femme y est présentée. Les femmes n'ont pas d'autres choix dans la vie que cette alternative :  mère ou pute, mariées pigeonnées ou maîtresses pigeonnées. La femme qu'on désire est une pute, la femme mariée (est-ce qu'on peut la désirer? ), une gentille idiote à qui on peut raconter n'importe quoi. L'image des hommes n'y est pas soignée non plus. Infidèles, incapables de contrôler leurs pulsions (ou leur pénis), éternels adolescents farceurs qui ne peuvent considérer les femmes que comme des oiseaux sans têtes. A vomir.  N'oublions pas non plus l'infidélité féminine. Oui oui je vous assure. Une femme peut avoir des désirs sexuels. Parfois vers d'autres personnes que son mari (vous tenez le coup?). On ne peut pas en rire ? C'est moins l'éclate ? C'est tabou ? On dirait. 

Ce n'est pas l'infidélité, ou la fellation, ou les jambes nues qu'il faut dénoncer. Ce qu'il faut dénoncer, c'est ce que sous-entendent ces affiches.Ce qu'il faut dénoncer, c'est une vision réductrice et fausse. On peut rire de l'infidélité, mais on peut aussi y réfléchir et apporter une réflexion critique. Il faut espérer que cela sera le cas dans ce film, au risque de rester sur l'image de deux hommes se moquant de la possibilité de ne pas tromper leur femme.


http://www.crise-economique.net/




Censure ou pas censure, je ne suis pas certaine que la question se trouve là. Je ne suis même pas sûre qu'il fallait censurer. Le simple fait qu'il existe une polémique, qu'il y ait des "pour" et des "contre" et que l'on réfléchisse sur cette affiche me suffit amplement. Il y a peut-être quelques années, une telle affiche serait passée sans créer un débat de société.

Je vous laisse réfléchir sur ce que m'a dit une publicitaire qui travaille au JEP et que j'ai interviewé récemment : "Quand on décide de censurer une campagne de publicité, ça ne sert parfois à rien car elle est alors reprise par tous les médias et montrée à tout le monde. Parfois, certains publicitaires comptent là-dessus pour créer le buzz. Pour eux, que la publicité plaise ou pas, ce n'est pas l'important, il faut qu'elle soit vue".

A lire :

http://www.huffingtonpost.fr/eliette-abecassis/les-infideles-ou-les-infe_b_1252089.html?ref=fr-culture

http://m.marianne2.fr/Affiche-des-Infideles-pas-de-quoi-en-faire-toute-une-pipe-_a215163.html

lundi 9 janvier 2012

Une gamme Lego pour filles, nécessaire ?


Nous, les femmes adultes d’aujourd’hui, avons vraiment été discriminées sans même le savoir. En effet, pas de gamme Lego créées spécifiquement pour nous, imaginez. Honteux. Lego a donc décidé de résoudre ce grave problème en lançant une gamme qui s’adresse spécifiquement aux filles. Et ça pique aux yeux




Dans un univers tout en tons pastel et rose bonbon, la marque nous présente Lego Friends. Première chose qui frappe, le logo. Un cœur sur le « i » de Friends et un papillon mauve qui s’envole. Ca dégouline de bons sentiments.  Les filles, ce sont des petites choses bien gentilles, qui jamais ne se battent, jamais ne se disputent. Elles sont toutes « friends ». Ensuite, le slogan bien choisi : « The Beauty of Building ». Ou comment introduire la notion de « beauté » de manière très subtile.

Passons sur le fait qu’elles soient toutes en mini-jupes (sauf une, c’est déjà ça), pourquoi leur mettre des seins ? Oui, regardez bien, les petits personnages ont des seins. Et ça, c’est vraiment étrange. Très étrange même étant donné que Lego présente ces cinq personnages principaux comme étant des « petites filles ». Il doit y avoir un sérieux problème de définition. Ou alors on ne sait plus aujourd’hui ce que c’est, être une « petite fille ». Infantilisation des femmes adultes et sexualisation des petites filles, il y a quelque chose de pourri au royaume de la société de consommation à outrance.

http://www.essentielle.be/
http://erosfoto.over-blog.com/
http://www.aufeminin.com/
http://rqasf.qc.ca/
http://www.madmoizelle.com/
http://www.lexpress.fr/
Chacun de ces cinq personnages a un univers bien précis et on peut construire avec chaque boîte trois plateformes. Commençons par Mia, la rousse. Elle aimerait être vétérinaire.  Elle traine donc beaucoup à la clinique vétérinaire. Mais on peut aussi construire une maison pour chiens (sic) et une plateforme pour concours canins. Une fille, ça aime s’occuper de petits animaux mignons.



Emma, elle, a les cheveux noirs (il en faut pour tous les « goûts »). Elle aime beaucoup trainer au salon de beauté ou à côté d’une piscine ou alors dans sa chambre, où elle dessine des vêtements. Une fille, c’est préoccupée par son apparence.



Andréa aime beaucoup « trainer au café et chanter ». Non, non, pas jouer d’un instrument. Chanter, être sur le devant de la scène en mini-jupe. Voilà. Elle nous apprend aussi dans sa description qu’il lui arrive d’être une « drama queen », une reine du drame. C’est bien les filles ça.

Stéphanie, la blonde, a une « décapotable cool » avec laquelle elle conduit son chat où il veut (sic). Elle a aussi une espèce de tracteur qui lui sert à s’occuper de ses lapins. Chouette une femme qui conduit. Mais attention, on la représente aussi dans une cuisine. On se disait bien qu’elle ne pouvait pas que « conduire ». Il fallait bien qu’elle fasse un truc encore plus stéréotypé qu’aimer les chats et les lapins. Et comme toutes les filles, elle aime donc cuisiner des gâteux et des cupcakes.

Olivia, c’est la brune. Elle ne fait pas grand chose de sa journée, à part trainer dans sa maison à manger du barbecue. C’est son personnage qui m’a l’air le plus intéressant, étant donné que son terrain de jeu est une cabane dans un arbre ou son atelier où elle construit des petits robots. Quoi une femme intelligente ? Une femme qui fait des mathématiques ? Incroyable. C’est d’ailleurs la première et seule photo qui a été montré, le personnage d’Olivia dans son atelier.

Dans leur fiche-descriptive, les personnages avouent aimer faire du sport, jouer au foot, jouer aux jeux vidéos, ou encore vouloir devenir journaliste. Des aspects complètement écartés de leur personnalité quand il s’agit de faire jouer des petites filles. Dommage, il y avait là un potentiel intéressant à exploiter.
   
Avec cette nouvelle gamme, Lego espère faire 10% de chiffre d’affaire en plus. Sympa. Cela va de soi, quand on construit des jouets pendant  quatre ans en vue de se faire un petit pactole, on évite de prendre trop de risques.

Allez, on peut déjà s’estimer heureux qu’il n’y ait pas de boîtes « Emma passe un concours de Mini-Miss » ou « Stéphanie passe sur le billard pour augmenter ses seins ».  

La marque Lego existe depuis 1932. Jamais elle n'avait ressenti le besoin de cibler explicitement garçons ou filles.Tout allait bien dans le meilleur des mondes. La marque présentait même d'autres modèles intéressants pour les filles. Sur des publicités plus anciennes, on voyait d’ailleurs des garçons comme des filles. Des petites filles en jeans, sans aucune note de rose et qui avait l'air pourtant heureuse et fière d'avoir construit quelque chose. 

http://www.promotion.philips.com/


http://www.thepaltrysapien.com/


En attendant cela laisse encore penser qu’il y a des jouets « pour filles » et des jouets « pour garçons ». Renforçant par là, les stéréotype en tout genre. Drôle d'évolution.

http://www.canberratimes.com.au/
http://www.flickr.com/





mardi 15 novembre 2011

J’accuse

Un article du Soir faisant de la pub pour un livre concernant ces « images qui ont fait scandale ». Je suis surprise de voir la couverture de l’album du chanteur français Saez, J’accuse, en début d’article, avec la légende « retirée de l’affichage pour l’image dégradante de la femme qu’elle véhicule ».





Ah. Non parce que dit comme ça, on dirait vraiment qu’on lutte contre l’image dégradante de la femme présente dans la publicité. Dit comme ça, ça fait très joli. J’en pleurerais presque d’émotion. Enfin, on lutte contre l’image dégradante de la femme dans la publicité. Je peux mourir tranquille. Sauf que. Sauf qu’elle n'est pas là, la vraie polémique. Elle n’est pas dans l’image de la femme véhiculée par cette couverture d’album et affiche. Oui, elle sert à faire vendre. Mais le fait-elle en utilisant le corps de la femme ? C'est mal connaître l'artiste, qui aime autant la publicité que moi. La vraie polémique, elle est dans ce qui est sous-entendu dans cette affiche. Une femme, nue, dans un caddie. Par cette affiche, Saez dénonce la marchandisation du corps de la femme, tel qu'utilisé dans la publicité. C’est plutôt clair. Une femme, nue, dans un caddie. Il faudrait le dire comment ? L’écrire en gras en-dessous en plus ?

Récapitulons. Quand les galeries Layette diffuse cette publicité dans les métros parisiens en mars 2010, bieeeeeen. On ne censure pas :



On n’estime qu’aucune femme n’est « dégradée ». Dans les mêmes métros, le même mois de la même année, les affiches pour l’album de Saez, qui, rappelons-le, « dénonce » cette marchandisation du corps de la femme, et donc l’affiche montrée ci-dessus :  paaas bieeeeen. Censurons. Pire. Censurons l’affiche qui dit qu’on censure. Car cette affiche-ci a également été censurée :


C’est sûr. Je me sens dégradée par cette image. Carrément pernicieuse. Comment ose-t-on seulement placarder ça sur nos murs, je vous le demande ma bonne dame ? On comprend surtout que ce qui dérange l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, ce n’est pas l’image dégradante de la femme, oh non. Ils auraient un peu plus de boulot. C’est le symbole derrière, la simple dénonciation de cette image dégradée. Comme le dit si bien Saez, c’est le caddie qu’on a voulu protéger. D'ailleurs sur la photo non censurée des Galeries Lafayette, pas de caddie. Pas de censure. Voici le texte de Saez (parce qu’il écrit beaucoup mieux que moi) :
« Allo Paris, bonjour tristesse.
Notre photo, une femme nue dans un caddie, utilisée comme visuel de notre album et comme affiche de concert, a été interdite dans les couloirs des métros et sur les kiosques à journaux. Dans une seconde étape, une autre affiche textuelle signifiant cette interdiction l’a été à son tour par tous les réseaux publicitaires, méprisant ainsi et la liberté de l’art et la liberté d’expression. Une femme nue dans un caddie, outrage aux mœurs du commerce ? Remise en question du système ? Droit d’informer ? Quel crime avons-nous donc commis ? Cette interdiction aurait pour but, qu’ils disent, de protéger l’image de la nature humaine, j’en doute. Mais protéger l’image du caddie ? Ça c’est certain. Les publicistes portant le drapeau de la nature féminine... Faîtes moi rire... Une chose est sûre, les caddies valent plus que les hommes dans nos pays. Quand les bureaux du commerce prennent des allures d’entrée de boites de nuit, quand la ségrégation outre raciale en devient culturelle, la honte grandit. J’ai honte pour ces gens, honte pour mon pays, honte pour ce qu’il est devenu, honte pour cette auto-censure que la société s’inflige à chaque fois qu’elle ouvre sa bouche. Et dire que nous étions d’avant-garde un jour... Alors que le vulgaire à outrance et les illégalités font rage sur chaque devanture et dans ces mêmes couloirs de métro, alors que nous vendons nos chairs, à tort et à travers, pour n’importe quel inutile qu’il faudra vendre aux enfants, alors que la femme n’a jamais été autant méprisée dans sa qualité d’être humain autre que celle d’être une chatte béante dans laquelle on refourgue tous les artifices du nouveau monde, voilà que les petits capos voient de l’outrage quand le féminisme est à son expression la plus pure. Mais quelle est cette douleur qui fait si mal dans les p’tits slips des p’tits capitalistes d’arrêt de bus ? Les miroirs feraient-ils donc si peur à ceux qui n’aiment pas leur visage ? D’abord une photo, puis des mots.... Dis quand viendra le temps où nous reverrons la liberté ailleurs que sur nos billets de banque ? Cet album que nous sortons est l’œuvre de deux ans de travail, d’écriture, de production, de musique, de réflexion, d’argent et surtout de temps. Un art populaire mis à mal par les pilleurs de tombeaux que sont tous les vendeurs de câbles en tous genres. Je suis parti des majors company pour ne pas finir en abonnement téléphonique, en sonnerie de portable vendue à des crétins. Bien sûr, on est blasé de tout, bien sûr on ne s’étonne plus de rien, bien sûr ça n’est pas grand chose, qu’une photo aujourd’hui, quoi demain ? Bien sûr je continuerai à être libre, bien sûr qu’on galère tous à faire nos courses, bien sûr qu’il y a toujours plus grave, bien sûr, bien sûr... Mais les symboles sont là pour stigmatiser très souvent des maux bien plus profonds, et les choses sans grande importance à première vue cachent souvent des forêts qui le jour où elles prennent feux font bien plus de dégâts que la liberté. »


Saez, Saez…c’est pas lui qui chante : « Salut à toi, femme au combat, toi dont la lutte à pris la rouille, comment te dire mais de nos jours les féminismes manquent de couilles » ? Force est de constater que ça arrive à d'autres.

vendredi 11 novembre 2011

Bad Seduction

*Second degré "inside"*

J’adore Internet, vraiment. Prenons (à tout hasard) le blog « Expérience Séduction ». Comme son nom ne le dit pas, ce blog donne des conseils de « séduction » aux hommes qui se sentent un peu seuls et aimeraient bien « closer ». Pour rappel, quand on dit : « je close », ça veut dire qu’on a reçu le numéro de la fille. Faut suivre.

Sur ce blog, on parle « FriendZone », « Prizing », « Freeze out », « Last Minute Resistance », « Boyfriend Smashing Techniques »… Les femmes sont des « cibles » ou servent à des « études de cas ». Attention, et ce n’est pas rien, le créateur du blog se targue d’un score de 83, 34% quand il drague sur un site de rencontre (sic). Et encore, c’est parce qu’une des filles qu’il draguait ce jour-là (on ne sait pas pour les autres jours) s’est déconnectée trop tôt. Pourtant, il en est persuadé, il aurait dû avoir 100% de réussite (elle ne s’est pas enfuie en comprenant le phénomène qui lui parlait, non non) ! C’est un score pas mal, faut avouer. D’autant qu’il se vante aussi d’avoir un gros « Social Proof », ça veut dire que, même quand il n’est pas là, les gens parlent de lui (ce n'est pas sensé faire peur que des gens parlent dans notre dos?). Tout ça me donne presque envie de suivre ses conseils moi aussi.

Par exemple, ses conseils pour draguer sur Facebook. L’argument « grâce à moi des milliards de filles vont se faire harceler sur Facebook », ça me parle. Le harcèlement, c’est « in », carrément dans l’air du temps, après l’affaire DSK (l’histoire ne dit pas si ce blog est dans les favoris du "monsieur"). Il conseille de « faire ses courses » sur le réseau social. Pour les incultes, cela signifie choisir les profils des filles les plus intéressants. Bon, s’adressant à des hommes, c’est-à-dire des personnes qui ne doivent pas souvent faire des "vraies" courses, je me demande si la comparaison est judicieuse. Mais bon, passons, moi j’ai compris.

Si la fille que tu ramènes de tes « courses » est en couple, ce n’est rien, l’auteur du blog sort un nouveau concept de son cul, les « Boyfriend Smashing Techniques ». En gros, il s'agit de dénigrer le copain de la jeune fille, comme par exemple essayer de la faire douter de la fidélité de son petit-ami (même si tu n'en sais rien toi, s'il est fidèle ou pas). Une valeur sûre. Alors, non non non, l’auteur du blog ne veut pas briser de couples, mais d’après lui, beaucoup (oui mais…combien ?) de filles sont en couples pour ne pas être célibataires. Donc, en brisant leur couple, on les aide. De toute façon, même si elle te dit que son copain est le meilleur du monde, c’est « faux ». Les femmes sont des menteuses, les hommes, de vrais héros. Qu’est-ce qu’on ferait sans eux ?

Ah, mais parfois les hommes doivent mentir aussi. L’auteur vous conseille, messieurs, de faire croire que vous ne fréquentez que des BELLES femmes. Parce que cela va rendre jalouse votre « cible ». Ne vous attachez jamais à personne et « ayez confiance en votre LifeStyle ». C’est joliment dit.

Mieux. Si la fille à l’air de ne pas être intéressée par toi finalement (parce qu’elle s’est accessoirement rendu compte que tu étais un gland), c’est juste de la « Last Minute Resistance », et oui. Mais pas de problème, ça se traite. L’auteur te donnera de quoi la faire tomber dans ton lit quand même. Ouf.

D’après lui, les garçons ne doivent surtout pas être gentils. C’est un véritable tue l’amour la gentillesse chez un garçon, c'est bien connu. D’ailleurs, lui-même possède un « Social Proof » élevé avec une touche de Bad Boy ». C’est clair, ça donne envie. Donc un garçon, ça pue des pieds et ça tape des mamies dans la rue (ou sa copine de temps en temps pour la dresser). Il laisse la gentillesse aux filles. Je suppose parce que ça leur sera plus utile pour supporter les lourds dans son genre.

Réduire les relations entre hommes-femmes a un vocabulaire de chasseurs-chassées, c'est triste. Il faut ne pas comprendre grand chose aux relations humaines. Et ne pas oublier que draguer ou chercher une histoire d'un soir, ce n'est pas l'apanage des garçons. Je ne sais pas si l’auteur de ce blog est un vrai séducteur. Au vu des commentaires, il y a un public qui apprécie ses articles. En tout cas, si on est sûr qu'il parle anglais (True Story), on est également témoin que l’auteur ne donne pas des conseils en orthographe.

« Et tout ce que je vais raconter là est vrais ».



lundi 10 octobre 2011

La femme, c’est comme un Gremlin…

Pub pour les cidres Stassen dans le supplément Victoire de ce weekend. La bière, c’est pas pour les bonnes femmes, compris. Après tout, seuls les hommes savent pourquoi.





Quel ne fut pas mon étonnement en tombant sur cette pub dans le Victoire. Mettons-nous dans la tête des publicitaires cinq minutes pour reconstituer la création de cette merveille.

Donc madame fait quoi ? Du shop-ping. Comme toutes celles de son espèce, la femme, dès qu’elle dépasse l’âge de 10 ans, aime faire du shopping. C’est même son activité favorite. Se payer des fringues, des chaussures et même des sacs parfois. Et oui. Il faut la voir pendant la période de soldes. La femme devient hystérique pendant la période des soldes. Justement, ça tombe bien, au Maasmechelen Village, c’est comme des vraies soldes mais en mieux. C’est des soldes toute l’année. Et ça, la femme ne peut pas y résister.

Mais parfois, au Maasmechelen Village, madame a soif. Ben oui, courir entre les rayons comme une poule a qui on vient de couper la tête, ca donne envie de boire un truc frais de temps en temps. Mais attention hein, la femme ne peut pas boire de bière. Non non non. C'est interdit. Comme les fameux Gremlins, tout mignon en temps normal mais qui deviennent de vilaines bébêtes trèès méchantes si on les nourrit après minuit, la femme ne peut pas boire de bière. Mélanger femme et bière, cela peut être dangereux. Il se produit une réaction chimique bizarre qui fait que la bière endort madame. Terrible ça, quand elle veut continuer à courir dans les rayons comme une poule à qui on vient de couper la tête. Faut la comprendre, entre les trois gosses, le chien, la cuisine et le ménage, madame, il faut la doper de temps en temps. Dopons-la au cidre. De cette manière, elle arrivera même à fatiguer son mari, un homme, vous vous rendez compte. C’est sûr, je penserai au cidre en période d’examen.

Attention encore, madame ne boit pas du cidre à la pomme comme tout monde. Au même titre que la Kriek, la Hoegaarden rosée, ou encore la fameuse Karla (au nom presque prédestiné), la femme a besoin d’un cidre de femme. Essayez un peu en tant qu’homme de commander une Hoegaarden rosée devant d’autres hommes. J’ai déjà eu la chance d’assister à cela, et ce n’est pas triste. Bref, la femme boit du cidre rosé. C’est comme du simple cidre à la pomme mais en mieux. C’est rose. Ou rouge. Et le rose, les femmes aiment. Bien entendu.

Voilà comment essayer de faire vendre un truc complètement inutile. Quel talent.

Quelques questions encore : pourquoi est-ce que la femme de la publicité est blonde, tient sa tête sur le côté comme une demeurée et se tient le bras comme s’il allait se détacher de son corps, dans une attitude presque enfantine (ou demeurée, au choix) avec ce sourire tellement forcé qu’on se demande d’où elle le sort celui-là.

Serveuuuur, une 33 s’il-vous-plait ? Santé.

mardi 4 octobre 2011

Des pubs innovantes...mais pas en bien

La nouvelle campagne de publicité pour la chaine de magasins INNO est sur tous les abribus. Une campagne qui ressemble un peu à celle auxquelles ils nous avaient habitués. Mais en pire. Analyse.







Les publicités Inno. Certains adorent. D’autres détestent. A moi, elles me font peur.



Sérieusement. Des femmes qui font sortir des feuilles et des fleurs ( ?) de leur corps « décousus » ? Des femmes aux corps colonisés par des fleurs qui leur poussent dessus. Des femmes qui finissent par ressembler à un bouchon de champagne. Des femmes nues, hyper photoshopées, au regard toujours connivent et à la bouche entrouverte ?




























On est d’accord, on va à l’INNO pour s’habiller (entre autre) non ? Pourquoi alors montrer des femmes presque sans vêtements ? Serait-ce parce que les vêtements de l’INNO sont de si mauvaise qualité, ou si moches, qu’on préfère se balader sans ? Pourquoi aussi ne montrer que des femmes ? J’ai déjà vu des hommes dans un INNO, pas vous ? Ils vendent même des vêtements pour hommes, et oui. Chose que la publicité ne dit même pas.


L’agence de publicité qui s’en occupe Euro RSCG entend promouvoir l’esthétisme et « pousser la beauté des visuels jusqu’à leur paroxysme ». Jusqu’à ce qu’ils fassent peur ?


Ces publicités sont-elles esthétiques ? La question est posée. Est-ce qu’au nom de l’esthétisme, on peut « lisser » un corps de cette manière ? En faire un mannequin de cire ? Une espèce de robot avec pas un poil de cellulite (ni de poils tout court d’ailleurs), des fesses et des seins retouchés pour les rendre « parfaits », reflétant toujours une même vision du corps féminins.



C’est important parce qu’il en va de ce qu’on nous habitue à voir. Il en va de ce qui devient une référence en termes de beauté féminine.









Est-ce ça la beauté ? Ces femmes sont-elles belles ? Si vous voyez une femme avec des fleurs qui lui sortent du dos, vous retournerez-vous sur elle parce que c’est beau ?

Depuis le début de l’humanité, on n’a jamais autant menti en représentant la femme que durant le XXème/ XXIème. Regardons un peu, avec des exemples non exhaustifs, comment on représentait les femmes avant :

Chez Ingres :



@http://topartprint.com











@http://mosaique.levillage.org








Chez Delvaux :



@http://elisandre-librairie-oeuvre-au-noir.blogspot.com/



Chez Rubens :









@http://www.marketing-professionnel.fr








@http://www.filmsfix.com/




Ah non, mince, pas celle-là.







Des femmes, parfois fortes, parfois poilues, parfois jaune, mais des femmes réelles, avec des imperfections. Sont-elles moins belles ? Même si leur corps étaient aussi idéalisés, puisque peints, ils représentaient une classe sociale, pas ce qu'une femme devrait être, pour être une femme. Il fallait être ronde pour montrer qu'on est riche. Il ne fallait pas être mince pour montrer qu'on est une femme. D'ailleurs, des femmes minces étaient représentées aussi. Aujourd'hui, il faut y aller pour trouver des femmes rondes représentées dans nos médias.

Ces derniers temps, leurs campagnes sont devenue encore plus « extrêmes », montrant des femmes, encore plus photoshopées (apparemment, c’est possible ), dans un monde qui ressemble à celui des jeux vidéo. Même le monde extérieur est photoshopé maintenant. On évolue. Des femmes en plastique dans un monde en plastique. Oui, ça fait peur.






D'autant plus que ces images sont de plus en plus présentes dans nos vies et servent à nous faire consommer.



En attendant, sur Facebook, on fait la promo de certains jeux avec un argument plutôt étrange. Les Hommes aiment ça. Les Hommes. A la différence des femmes ? C’est un argument pour un bon jeu ça ? Ca promet du combat, des seins et de l’alcool ? Ou alors il s’agit des « Hommes » pris pour l’humanité ? Et cela voudrait dire qu’il y a autre chose que des Hommes sur Facebook. Je file. Je dois aller mieux protéger mon profil.

lundi 3 octobre 2011

C'est beau l'originalité

J'en avais parlé ici, mais il semble que la publicité pour les lits faits mains Magnitude ( non, ça ne s'invente pas) a fait des émules.











C'était déjà une mauvaise pub. Voilà que cela fait un clip encore plus mauvais :


















Bon allez, chouette, ils lui cachent les seins.






Comme quoi, faire des lits à la mains, cela mène à tout.






mercredi 31 août 2011

Publicités: la rentrée du mauvais goût

Elles n'avaient pas pris de vacances. Mais elles rentrent quand même, en meilleure forme que jamais. Qui ça ? Nos amies les pubs.

Petite devinette :


A quoi sert cette publicité ?










-Un club échangiste






-Le nouveau chocolat Côte d'Or aphrodisiaque






- La nouvelle gamme de peinture "noir et blanc" de Gamma






Rien de tout ça, non non non. Cette femme blanche (et nue), allongée sur des hommes noirs (et nus), sert de publicité à un magasin qui vend des lits. Mais pas n'importe quel lits. Des lits faits mains, attention, c'est pas rien. Et oui. Du coup, on comprend mieux la publicité. Parce que moi aussi, quand je dors sur des lits faits mains (attention), j'ai cette tête là. Mes cheveux se brossent tout seul et tombent en magnifiques boucles autour de ma tête (au lieu de s'emmêler en un magma indescriptible que je prends deux heures à peigner tous les matins). Moi aussi, 50 jeunes éphèbes à la peau d'ébène (est-ce une allusion au bois du lit ?) me soutiennent sur leurs muscles virils pendant mon sommeil. Moi aussi, j'ai ce petit signe directif du doigt et cet air satisfait. Merci les lits faits mains (attention, ce n'est pas rien).







Je sais, il y a des gens qui dorment nus. Mais quand même. Il faudra m'expliquer pourquoi Magnitude, qui en plus d'avoir un nom bizarre, fait des pubs bizarres, a besoin de montrer des seins, même pas dans un lit, on remarquera. Les seins feraient-ils vendre ? Mieux, les seins feraient-ils vendre des lits ? Moi j'ai des seins, en voir sur des publicités ne m'intéresse pas plus que ça. Par contre, savoir d'où viennent ces lits (fabriqués mains en Côte d'Ivoire?), avoir une idée de prix, en quel bois ils sont faits, etc, etc... en voilà des informations intéressantes.

Je sais, du blanc sur du noir, en terme de couleurs, ça donne toujours bien. Mais là, ça commence légèrement à ressembler à un trip raciste étrange. Sans oublier que c'est la femme encore qui est blanche. Blanche (et blonde) parce que pure, innocente, vierge,...(j'en passe, et des meilleures) ?



Heureusement que les publicitaires nous aident par les petits encards sur le côté. On ne sait jamais. Il y en a peut-être d'autres comme moi qui risquaient de ne pas comprendre. Quitte à acheter un lit dans un endroit au nom bizarre, je crois que je vais passer mon tour et aller chez Ikea, merci bien.








Dans le genre, je renforce les clichés hommes-femmes, il y a aussi la nouvelle pub Belgacom. Des amis se retrouvent autour d'un bon repas. Jusque là tout va bien. Mais, malheur-horreur, un des amis annoncent qu'il va bientôt se marier. Et sort une tablette pour montrer le petit film qu'il a tourné de sa demande. Terrible erreur. Les femmes se transforment alors en hystériques, qui s'émeuvent à grand renfort, de "Oooooh" de cette magnifique demande faite sur un grand roue, avec la bague cachée dans la barbe à papa, ça rigole plus. Il a 12 ans le mec dans sa tête quoi, si j'étais la copine de la fille, c'est pas "Ooooh" que je lui dirais, c'est "couuuuuuurs". Bref.



Bien entendu, les femmes de la pub ne s'intéressent qu'à la demande en elle-même, alors que les hommes ne s'intéressent qu'à la tablette et à ses multiples fonctionnalités. Une femme, ça comprend rien à la technologie. Ses domaines à elle, ce sont les chiffons, les bagues, les robes, et aussi la cuisine accessoirement. D'ailleurs, l'histoire ne dit pas qui débarrasse la table du repas.